Cyberlettre — mai 2008

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« Les femmes mettront fin à la pauvreté en Afrique »

Plus que tout, nous voudrions voir les paroles d’espoir de Stephen Lewis devenir réalité, mais ce ne sera pas possible sans les efforts de plusieurs personnes. Dans l'esprit de la fête des Mères, nous jetons un coup d’œil sur les petits gestes des femmes canadiennes qui aident les femmes africaines à sortir leurs familles de la pauvreté.

Une aide pour que les africaines et leurs familles puissent venir à bout eux-mêmes de la pauvreté.

La fête des Mères donne l’occasion aux gens de plusieurs pays occidentaux de remercier formellement nos mères pour tout ce qu’elles nous donnent. Comme le veut cette tradition d’adoration des déesses, cette fête annuelle permet à toutes les mères de profiter d’une reconnaissance bien méritée.

Mais qu’en est-il de ces mères dont les repas sont cuisinés sur un feu, après une marche jusqu’au puits pour rapporter de l’eau, un enfant dans le porte-bébé ? La fête des Mères est inconnue de la plupart des femmes africaines vivant en milieu rural, tout comme les fours à micro-ondes, l’eau courante et les poussettes. Comment les Africains pourraient-ils bien remercier cet indispensable groupe de personnes dont le travail n’est jamais vraiment terminé ?

« Je leur donnerais une journée de congé, ou même une fin de semaine » dit Tania Archer, une étudiante de l’Université d’Ottawa en développement international et mondialisation, qui a voyagé au Bénin avec l’ASCCA en 2007. « Évidemment, ceci est hors de question au Bénin. »

« ...100 femmes sont venues, fières qu'on leur ait demandé leurs opinions et de participer à ce projet ! »

Des moyens pour mettre fin à la pauvreté
Les groupes d’aide humanitaire, conjointement avec les institutions financières, étudient la possibilité d’offrir un autre type de cadeau aux femmes du Tiers monde : le micro-crédit. Visant surtout les femmes, qui ont souvent peu d’accès à des ressources financières, le micro-crédit permet d’obtenir de petits prêts pour le travail autonome, ayant comme potentiel de sortir les gens de la pauvreté.

Comme l’ont découvert les bénévoles de l’ASCCA en mission au Bénin, les femmes là-bas ont des idées du genre en grande quantité.

« Au départ, nous avons rencontré environ une dizaine de femmes, au village d’Aklampa, pour leur expliquer le projet » dit Geneviève Alary, professionnelle en gestion de soins de santé à Montréal et bénévole à l’ASCCA.

« Après s’être consultées, elles ont demandé à ce qu’on se rencontre le lendemain pour qu’elles puissent inviter leurs “sœurs.” Le jour suivant, plus de 100 femmes se sont présentées, fières qu’on leur ait demandé leur apport et leur participation à ce projet ! »

« Avec plus d'argent, les femmes investissent plus dans la nutrition, santé et éducation de leurs familles, et ont moins d'enfants à plus long terme. »

Un fonds à soi
Les partisans du micro-crédit soutiennent que lorsque les femmes obtiennent une plus grande indépendance financière, cela rapporte des résultats positifs de toutes sortes.

« Quand les femmes ont plus d’argent, elles investissent dans la nutrition, l’éducation et la santé de la famille, et, à long terme, ont moins d’enfants » dit Tania Archer, qui travaille avec Geneviève Alary sur le projet de micro-crédit de l’ASCCA, au Bénin. « Tandis que les hommes peuvent généralement trouver du travail rémunéré, le problème est que les femmes ne le peuvent pas. »

Obstacles
C’était une mission d’exploration, ayant permis aux deux femmes de prévoir, non seulement les avantages possibles, mais aussi les difficultés auxquelles le projet fait face.

« Pour que ce projet soit un succès, nous devons être sur les lieux pendant plus de trois semaines », dit Tania Archer. « Il y a aussi les obstacles économiques, comme la demande. Disons que nous prêtons de l’argent à une femme pour qu’elle s’achète une meilleure machine à coudre. Y aura-t-il une demande suffisante pour les vêtements supplémentaires qu’elle sera capable de faire ? »

« L'équité est dorénavant legal, mais entre ce changement dans la loi et celui de la culture, il y a toujours un délai. »

La place des femmes
Mais l’obstacle de loin le plus important, devant l’élimination de la pauvreté en Afrique, est l’inégalité des sexes. Le Bénin a récemment institué un nouveau code familial en 2004 qui reconnaît l’égalité des hommes et des femmes. La polygamie est maintenant illégale et les filles et les femmes peuvent maintenant hériter argent et propriété de parents décédés.

« L’égalité est maintenant une question juridique, » dit Geneviève Alary, « mais, entre la mise en pratique d’une loi et le changement d’une culture, il y aura toujours un délai. »

Dans un pays où le taux de mortalité infantile est de 10 à 15 pour cent et où le paludisme est la principale cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans, des projets tels que le micro-crédit pourraient possiblement améliorer les mauvaises conditions de vie.

« Dans les yeux des femmes, j’ai vu la même lueur d’espoir que j’ai vue chez les femmes canadiennes avec qui j’ai travaillé » dit Mme Alary.

Faire beaucoup avec très peu
En tant que professionnelle en gestion des soins de santé au Canada, Mme Alary n’a pas pu s’empêcher de comparer ce que l’ASCCA et ses partenaires accomplissaient au Bénin avec le système dans son pays.

« Notre système de santé est surchargé malgré les ressources à notre disposition, » dit-elle. « Nos professionnels de la santé dépendent énormément d’outils diagnostics pour accomplir leur travail. L’expérience au Bénin ne fait que me confirmer qu’il est encore possible de faire beaucoup avec très peu. »

« Pour connaître les gens, pour vraiment les comprendre, il faut être sur place. »

Des femmes qui travaillent pour des femmes
Les bénévoles de l’ASCCA parlent souvent de la capacité d’accomplir de grandes choses avec peu de moyens comme la plus importante des raisons pour justifier leur travail avec le groupe, ainsi que la transparence et le travail durable et ciblé.

« Le travail sur le terrain est réel, » dit Tania Archer. « L’ASCCA fait ce qu’elle dit qu’elle fera. Il n’y a pas de disparition d’argent. Il n’y a pas de grands hôtels. Tous, du fondateur aux étudiants, séjournent chez les gens de l’endroit. Si vous voulez apprendre à connaître ces gens, vous devez être là. »

Le travail sur le terrain avec l’ASCCA donne aussi aux étudiants la chance inestimable de faire une application pratique des programmes universitaires théoriques.

« Je croyais avoir tant appris pendant les trois dernières années, mais lorsque je suis arrivée au Bénin, j’ai compris combien j’en avais encore à apprendre, » dit Mme Archer. « C’était impressionnant. Mais maintenant, j’ai une longueur d’avance sur les autres étudiants grâce à cette expérience. »

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